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Qui a le droit d'être une femme combattante ? Genre, géopolitique et hiérarchies de reconnaissance dans les conflits armés

Madeleine FRANÇOIS

Laboratoire Géostratégie

28 juin 2026

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En Sierra Leone, les femmes ont représenté jusqu'à 30 % des forces combattantes durant la guerre civile, mais seulement 6,5 % des participants aux programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) qui ont suivi. À l'inverse, depuis 2022, les soldates ukrainiennes sont célébrées dans les médias occidentaux comme des symboles de résistance démocratique. Cet article interroge ce contraste : comment expliquer que certaines femmes ayant pris les armes soient reconnues comme combattantes, tandis que d'autres restent invisibles, cantonnées au statut de victimes ?

En s'appuyant sur une littérature géopolitique féministe critique et sur les cas du Sierra Leone, du Libéria et de l'Ukraine, l'article montre que cette différence ne tient pas à la nature du combat mené par ces femmes, mais à la lisibilité géopolitique de leur conflit aux yeux des institutions occidentales et onusiennes. Le statut de « victime », loin d'être une catégorie neutre, est une construction géopolitique qui assigne par défaut aux femmes du Sud global - et notamment africaines - une place fixe dans l'architecture de sécurité internationale, déniant ainsi leur agentivité politique et leur violence.

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